C – Essentiels pour éviter des photos ternes, plates et sans émotion.
Photo d’hiver, conditions photométriques défavorables, ET POURTANT !!!! Mise en scène, perspective, premier plan et fond nets, reflets, tonalités, couleurs, règle des tiers, et surtout, le photographe restitue l’ambiance qu’il a ressentie, l’atmosphère. Voir le contexte de ce piquet un peu plus bas.
Vous voici en promenade et une scène étonnante se déroule dans un paysage superbe. Emu, vous tenez à immortaliser cette émotion, ce moment de grande intensité, et vous prenez une photo. Vous développez plus tard votre cliché ( argentique ou numérique) et là, déception. La photo est bien cadrée, nette, sans flou ni contre-jour, votre appareil est de bonne qualité, mais la scène n’est plus qu’un petit point noyé dans un vague paysage tout plat, sans perspective, sans lumière, sans couleurs, l’image ne porte pas d’émotion.
Exemple 1 : photo contextuelle de piquet dans le lit d’un ruisseau qui se jette dans la mer, ici à marée basse. Ce ruisseau sert un vieux moulin dans un site très pittoresque. Matin de mars, ciel bas, ambiance particulière. Le piquet ne paye pas de mine, mais nous allons le mettre en valeur et lui donner vie pour obtenir la photo de début d’article.
Exemple 2 : vue simple d’une source découverte au cours d’une promenade. La source ne rend pas. Voyez ensuite sur la 2ème image ce qu’une prise de vue un peu inventive permet d’obtenir en terme de vie, reflets, relief, même en conditions défavorables. Photos prises en mars 2008, temps couvert, faible luminosité, température de couleur autour des 8000K. Peu (pas?)de couleur dans la lumière. La deuxième photo est prise à plat ventre, appareil au sol. Notez qu’ une vue d’ensemble est toujours utile en archive, pour conserver le contexte.
L’art de la photographie des paysages (au sens large).
« Une bonne photographie s’obtient d’abord en sachant où se placer », dit un jour Ansel Adams (1902-1984), l’un des plus grands photographes de paysages au monde.
L’heure de la prise de vue est également très importante.
Ces deux principes sont des fondamentaux incontournables pour la qualité, mais ils facilitent aussi la prise de vue.
Perspective. Suivre un ensemble de règles de composition vous donnera de bonnes photos, mais pas de superbes photos. Au final, rien de tel que l’« œil du photographe », notion insaisissable qui ne peut être enseignée, mais que l’expérience permet d’améliorer. Un appareil photo numérique permet de prendre des dizaines de clichés sous différents angles et trier ensuite les meilleures photos.
Voir l’article sur les angles de prise de vue et la perspective.
Lumière. La photo est basée sur l’optique, la photométrie, les rayons lumineux, les couleurs. Même si vous trouvez la perspective idéale, votre photo peut souffrir d’une prise de vue réalisée à un mauvais moment de la journée ou de l’année. Il faut savoir découvrir, déceler et exploiter les variations de luminosité, de température de la lumière. Pour réussir une photographie, rien de tel que le lever du soleil (et les quelques heures qui suivent) et le coucher du soleil (ou quelques heures avant). A ce moment, le soleil est assez bas dans le ciel. La lumière du soleil traverse une plus grande partie de l’atmosphère terrestre lorsque le soleil est bas et elle offre des rayons de chaleur impossibles à retrouver en pleine journée. La lumière est moins dure. Un soleil bas permet également d’obtenir des ombres longues, ce qui améliore l’impression en trois dimensions de vos photos.
Voir les articles sur la lumière,les couleurs, la température de lumière, la luminance… appliqués à la photo.
Règle des tiers.
Le principal élément d’une photo, doit être placé sur une ligne imaginaire délimitant le tiers de l’image, verticalement ou horizontalement. Divisez mentalement votre cadre en trois lignes et trois colonnes. Votre élément principal doit être placé sur l’un des deux axes verticaux ou horizontaux de la grille. Si vous photographiez l’horizon, ce dernier doit être placé sur l’un de ces axes. Pour renforcer la position de petits éléments dans une photographie, placez ces derniers aux intersections des axes horizontaux et verticaux. Bien sûr, toutes les photos ne respectent pas ces règles et le fait qu’elles soient réussies peut être dû à un déséquilibre créé intentionnellement.
Voir l’article sur la règle des tiers, les lignes de force et les points forts.
Paysages au format Portrait.
Bien que les photos de type portrait mettent généralement en scène des personnes, il est tout à fait possible d’utiliser ce format pour les paysages.
Si vous utilisez le format Portrait et inclinez légèrement votre appareil photo, l’horizon apparaît plus haut dans l’image et le premier plan est accentué. C’est la solution idéale pour photographier un champ de fleurs sauvages.
Voir l’article sur les effets des lignes verticales, horizontales, obliques, continues ou brisées dans une photo.
Notion d’échelle et impression de 3D.
Il est difficile de traduire la notion d’échelle , de volume et de profondeur de la composition originale réelle sur une surface plane à deux axes. On peut ajouter de la profondeur à l’image en plaçant un objet naturel ou artificiel, petit ou grand, au premier-plan, où il paraîtra plus grand que les objets similaires plus éloignés de l’appareil. La forte perspective produite donnera l’impression que la photo est en trois dimensions. la mise en perspective à partir du premier plan. Veillez à placer des “objets” au premier-plan. Et si vous placez l’appareil près du sol, votre photo aura beaucoup plus d’impact.
Voir article sur les réglages de l’obturateur et du diaphragme, dans leur utilisation pour la profondeur.
Exposition.
Les problèmes d’exposition sont la hantise des photographes de paysages. Lorsque l’on expose le sol, comme c’est généralement le cas, cela produit un ciel surexposé ou blanc.
Si l’on expose le ciel, tous les détails des nuages apparaissent, mais le sol est sous-exposé et sombre. Il est souvent moins hasardeux de photographier dans des conditions de forte luminosité que par des temps nuageux, dans la mesure où les ciels bleus sont mieux enregistrés que les ciels blancs. Vous pouvez essayer de limiter la proportion de ciel sur la photo, ou utiliser un filtre polarisant ( une paire de lunettes polarisantes pas chères, avec une surface de verre assez large, fixée par une branche sur l’objectif avec un élastique atténue les blancs du ciel , restitue le bleu et augmente le contraste, mais attention aux mouvements du zoom, qui ne doit pas forcer sur le verre). Exemples sans verre et avec ( il est apparent pour la démonstration), le résultat est très visible sur le ciel et les nuages.

Distance focale.
Si vous disposez d’un appareil photo équipé d’un zoom, quel est le meilleur réglage pour photographier des paysages ? Le réglage grand angle offre un grand champ angulaire permettant de photographier une vaste étendue d’un paysage. Vous pouvez affiner avec un léger zoom pour éliminer les éléments indésirables. Testez différents réglages, car certains paysages se prêtent mieux que d’autres à l’utilisation d’un téléobjectif ( qui écrase un peu la profondeur).
Voir l’article sur les distances focales, la profondeur de champ, les réglages de l’objectif, les différents modes programmés sur la plupart des appareils numériques.
Votre objectif essentiel à conserver à l’esprit.
Ne vous focalisez pas sur l’appareil photo : n’oubliez pas que l’essentiel est de transmettre une émotion. Pour cela, il faut avoir pris le temps de la ressentir, et s’imprégner de l’ambiance que l’on veut restituer ! L’inspiration viendra ensuite naturellement. Respirez, profitez… cette photo, c’est un paysage, un moment, un évènement, mais aussi un ressenti, et une interprétation de l’auteur, c’est donc une part de vous-même.





